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Dossier de presse "LE NOUVEL ÊTRE"


Il est grand temps de faire découvrir à un public plus large François Augiéras, peintre et écrivain édité dans les livres de la collection les Cahiers Rouges/ Éditions Grasset. Voilà un demi-siècle, François Augiéras rendait l'âme à "la Grande Âme du Monde", "la lumière primordiale", comme il aime à l'appeler, à "la source primordiale", comme on la nomme dans la Tao. Cet homme mystique et terrien qui marche dans le cosmos en cueillant les étoiles dans la Vézère a nourri son écriture d'une relation d'amour brut, direct et sans concession à l'existence. Pas de voile littéraire ou de cachoterie stylistique ; lire Augiéras, c'est plonger dans une écriture vertigineuse, irrécupérable, en rupture avec les modes et les morales, méditative et belliqueuse à la fois. Les récits d'Augiéras sont des nouveaux mythes où le sacré et le sexuel sont inséparables, où de la fange naît la lumière sans autre but que la joie d'être. La langue est guidée sauvagement par l'instinct, mais précise, fluide, éclatante.


Sa vie et son œuvre ont longtemps été confondues, fusionnées. C'est sur l'œuvre qu'il est temps de s'attarder aujourd'hui ; et non sur les frasques supposées de l'auteur qui ont tant servi certains lecteurs et surtout certains non-lecteurs à se rendre intéressants sur le dos d'un auteur, à jouir de l'ignorance confortable et des ragots croustillants.

Toute sa vie est consacrée et sacrifiée à son ambition d'être un artiste : écrire et peindre. Augiéras s'affranchit des morales et des aliénations collectives. "Tout art véritable est un art d'apparition" dit-il. Son imaginaire côtoie les frontières du réel en inventant, au-delà de ses récits, son propre mythe.


J'ai choisi de dire le chapitre X de Domme ou l'essai d'occupation, son dernier récit :

Retranché dans une caverne sous les ruines du château de Domme, célèbre bastide du Périgord noir, Augiéras annonce la fin de l'Ère du Christ, la fin de l'Homme actuel sans âme et résiduel (…) qui considère que la Terre est un lieu à aménager pour en mieux jouir. Il prophétise la réapparition de l'Homme Vrai du Plan Divin et nous invite à le rejoindre parmi ceux qui ne sont pas fatigués de l'existence. La moitié de ce chapitre contient des pages "interdites", censurées par le premier éditeur en 1981, dix ans après la mort de l'auteur. Ces pages comptent probablement parmi les plus significatives de l'œuvre d'Augiéras, selon Jean Chalon, ayant droit de l'œuvre.


Exaspérant et bouleversant à la fois, François Augiéras appelle, interpelle et dérange encore aujourd'hui. Est-ce parce qu'il est toujours en avance dans un monde aux yeux "grands fermés" qui s'effondre inéluctablement ? Est-ce parce qu'il exige du lecteur qu'il soit déjà en mutation vers un Nouvel Être mieux équipé de conscience universelle ?



MISE EN SCENE ET SCENOGRAPHIE


Un puit sans fond renvoie la lumière dans un espace sombre.


Un miroir noir sur une planche de bois de 2m2 est posé au sol dans une cage de scène vide. La lumière projetée depuis une découpe accrochée dans les cintres à l'aplomb de la planche émerge alors de ce miroir noir, de ce puit sans fond, vers le corps de l'acteur qui évolue sur la surface et tout autour. Une ampoule au bout d'un fil descend au milieu de la scène et projette une poudre d'or, chère aux peintures de l'auteur. Des projecteurs renforcent un climat global or et bleu.


Ce dispositif est la métaphore parfaite du lieu du récit décrit et vécu par l'auteur : au cœur de la pierre, la caverne permet d'établir un lien plus fort et plus vaste avec le monde, les astres, la lumière primordiale. En retour, ce lieu est la métaphore d'une cage de scène.

Le dispositif évolue, se renverse, disparaît.


Le contenu et la forme de l'écriture d'Augiéras m'ont amené à utiliser la danse Butô pour révéler les vibrations et la carnation du texte. La danse Butô réinvente les mouvements entre la plus stricte immobilité et l'explosion la plus cosmique, s'affranchit des grammaires et des traditions chorégraphiques, des codes et des morales. Dans un corps dansé, le texte a trouvé sa place : il respire, prend voix par l'acteur, apparaît par la peau.


Une musique originale de méditation inspirée par la trilogie de la mort d'Éliane Radigue.

Les moines de l'abbaye de Valaam chantent un chant du Mont Athos.

The Dirty Three and Nick Cave interprètent "Sea above, sky below".

Et du silence.


QUI EST FRANÇOIS AUGIÉRAS ?


"Ma plus belle œuvre d'art, serait-ce ma vie ?" se demandait François Augiéras. Mais qui connaissait jusqu'ici son existence flamboyante, cette aventure spirituelle qui commence et s'achève dans les grottes du Périgord ?

Né le 15 juillet 1925 à Rochester, aux États-Unis, d'un père professeur de piano mort avant sa naissance, Augiéras refuse vite l'ennui bourgeois et les valeurs de l'Occident. Une adolescence française vécue en camp de jeunesse, sous la maréchal Pétain, l'étouffe. Le "pilleur mongol" a besoin d'ailleurs. D'abord, le sud de l'Algérie, où il séjourne chez son oncle, colonel méhariste qui lui inspire un livre mythique et scandaleux, Le Vieillard et l'Enfant, publié sous le pseudonyme d'Abdallah Chaamba. Ensuite, la Grèce et l'Afrique, où il trouve la sauvagerie, la joie de vivre, l'illimité. Il descend fleuves et rivières, Niger, Dordogne, Vézère. Il arpente le mont Athos où il apprend l'art des icônes sur fond d'or qu'il utilisera dans ses propres peintures.

Ce jeune homme de bonne famille connaît la misère et les nuits à la belle étoile dans le désert. Disciple de Pan, aux marges de l'homosexualité, il épouse sa très jeune cousine.

L'ermite de Domme est enfin un ange qui a tout perdu. Il écrite et peint, solitaire au fond des grottes comme au commencement de l'humanité, "heureux dans une incroyable détresse" ; toujours précoce ! il meurt à l'hospice, parmi les vieillards et les fous, à l'âge de 47 ans.


(Serge Sanchez, auteur de la biographie "Augiéras, le dernier primitif")



QUI EST YVES COMELIAU ?


Yves Comeliau a reçu une formation de comédien à l'ENSATT ex-école de la rue Blanche, à Paris. Acteur et metteur en scène, il a également été régisseur son et créateur sonore pour le spectacle vivant, puis preneur de son au cinéma. Il a joué des rôles notamment dans des pièces de Ibsen, Maeterlinck, Fassbinder, Stig Dagerman, Goethe, Gombrowicz ou encore Falk Richter. Il a mis en scène des pièces de Molière, Lorca, Rémi De Vos et François Archambault. Formé à la danse africaine avec Elsa Wolliaston et au Butô avec Gyohei Zaitsu et Maki Watanabe, il a dansé récemment "Souffle", un solo créé au festival "En chair et en son" au Cube à Issy-les-Moulineaux.

Côté pédagogie, il enseigne à la faculté de Nanterre et donne de nombreux ateliers de théâtre, notamment pour des publics "empêchés" comme des personnes en situation de handicap.

Pour en savoir plus : www.yvescomeliau.com





LES COLLABORATEURS


Gauthier Ployette, assistant à la mise en scène

Il débute le théâtre à l’âge de cinq ans et se forme régulièrement dans des stages en tout genre (danse, théâtre, impros, etc.) En 2007, il quitte la France pour rejoindre le Québec où il décroche son premier rôle télévisuel dans la série Providence réalisée par Régent Bourque et Julie Hivon. Par la suite, il enchaîne les rôles pour de nombreux courts métrages et incarne plusieurs rôles au théâtre notamment dans la pièce multidisciplinaire Songes du Théâtre de l'Odyssée.

En 2014, il revient en France où il écrit deux pièces : ABXCD actuellement en production et CLAUDE, seul-en-scène qu’il met en scène et joue pendant deux ans.

En lien avec ses envies de recherche, il s’engage dans différents projets alliant mise en scène, performance et accompagnement artistique.


Maki Watanabe, chorégraphe

Après une formation en danse moderne et jazz durant treize années, Maki Watanabe arrête de danser pendant trois ans. La rencontre avec le danseur de Butô Kazuo Ohno la mène à reprendre la danse et à chercher une danse liée à sa nature.

Elle est installée à Paris depuis 1998. Elle donne de nombreuses performances improvisées et expérimentales en solo. Elle anime régulièrement des ateliers de danse Butô.

Parallèlement, elle travaille avec des chorégraphes comme Masaki Iwana, Gyohei Zaitsu, Mari Kazué, Katy Roulaud, et avec des metteurs en scène comme Christophe Maltot et Alan Alberganti, entre autres.


Rémi Godfroy, éclairagiste

Fidèle créateur et régisseur lumière de Claude Régy, notamment "Ode maritime" de Fernando Pessoa en 2009, "Brume de Dieu" en 2010, "La barque le soir" en 2012, "Intérieur" de Maurice Maeterlinck en 2014, Rémi Godfroy a aussi travaillé notamment avec Catherine Travelletti, Nicolas Doutey, Sébastien Derrey, Frédéric Vossier. Il est par ailleurs régisseur lumière au théâtre des Amandiers de Nanterre depuis une trentaine d'années.


Didier Moreira, musicien/compositeur

Musicien auteur compositeur et comédien autodidacte, Didier Moreira participe activement à la scène musicale alternative des années 80/90. Après quelques compositions pour la tv et le cinéma, il se consacre au théâtre le nourrissant de ses compositions et créations sonores. En parallèle, il dirige des ateliers de musique improvisée en institutions pour des personnes en situation de handicap.




EXTRAITS DE PRESSE


"Je suis un amateur de cet écrivain bizarre qui s’appelle François Augiéras [1925-1971]. Il vivait à Périgueux [Dordogne], il était aussi peintre, mais, là, admirable. Il a habité dans une grotte, et il peignait dedans. Il intéressait beaucoup André Gide. Alors, comme il était de Périgueux, pas loin de Lascaux, quand je suis sorti de la grotte, je suis allé dans une librairie pour voir s’ils avaient ses livres. Ils n’en avaient pas, mais m’ont dit : « Cependant, on a un tableau. » Je ne savais même pas qu’il peignait. C’était magnifique, comme un Piero della Francesca ! Bien sûr, je l’ai acheté. J’en ai d’autres. J’ai failli les prêter au CAPC de Bordeaux [le musée d’art contemporain], mais l’exposition ne s’est pas faite... "(Miquel Barcelo dans le journal Le Monde daté du 3 juin 2021 à l'occasion de son exposition à Malaga en Espagne programmée jusqu'au 26 septembre 2021) Yves Comeliau réussit, avec « le nouvel être », à faire entendre les leçons de ténèbres et de lumières de Domme ou l’essai d’occupation, cette voix qui est celle du « vieilhommenfanfemme » mérite de susciter l’écho le plus large. Comme le réclamait Artaud : « Quittez les cavernes de l’être. Venez ! » Longue vie à ce « nouvel être » ! (Thierry Dessolas, Directeur des affaires culturelles de Périgueux jusqu'en juillet 2021)



PRODUCTION ET DIFFUSION


- Production : "Les Ateliers de Belacqua". 0768241930 contact@belacqua.fr

- Co-production : L'OCD (Office de la Culture de Domme), création à Domme le 18 septembre 2021 à l'occasion des journées du patrimoine et des événements qui ont lieu cette année pour les 50 ans de la disparition de François Augiéras. (Programme complet : http://www.office-culture-domme.com/photos-manifestations-ocd-domme/2021/Augieras_Programme_Papier.pdf )

- Partenariats :

le Paradis (galerie verbale), lieu de fabrique à Périgueux

Alliance française de Paris


Dates des représentations :

En Dordogne :

- Domme : avant-première publique dans la grotte le 17 septembre et création le 18 septembre 2021

- Périgueux : au "Paradis Galerie Verbale" les 22 et 23 septembre

- Sarlat : le 25 septembre 2021

- Montignac-Lascaux : le 2 octobre 2021

À Paris :

- Théâtre de l'Alliance Française le 13 décembre à 20h30 et le 14 décembre à 15h



Durée du spectacle : 1h10



LE DEBUT DU TEXTE


Je suis revenu dans ma grande caverne, Juillet tonnant d'orages portant à rechercher les ombres paisibles et le silence au fond d'un noir couloir. Je suis heureux dans la pierre. Dans une parfaite obscurité, je m'éveille du triste cauchemar d'avoir tenté d'être un homme ! Dans la Chambre Royale, au plafond si bas que je peux le toucher de la main, me voici de retour dans les profondeurs de la roche, que j'aurais mieux fait de ne pas quitter pour me mêler au siècle.

Dans un moment de panique, j'ai fait semblant d'être humain ; je me suis donné une identité de comédie, un masque de surface, que je me suis empressé de jeter aux friches avant que de m'enfoncer dans la pierre millénaire où palpite, depuis le commencement des temps, le lent écoulement des eaux souterraines et froides.

Je me suis retiré dans la Chambre Royale. Là, qui suis-je, ayant perdu le jour ? Une âme vaste ! Entrer dans la pierre et se mettre à l'écoute des grands rythmes de l'Univers-Divin, c'est une joie, un appel..., et presque une drogue, et une fatalité ; car Nous somme sommes l'Homme évolué à tel point qu'il préfère, plus que vivre, entendre en Soi comme une caverne hantée par l'univers, le bruit que fait la grande âme du monde.




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