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Faire entendre l'écriture

Mis à jour : il y a 6 jours

Faire entendre l'écriture de François Augiéras, tel est le projet de ce spectacle.

Les récits d'Augiéras fusionnent avec sa vie. Il écrit sur sa chair avec son sang. Il se "tatoue", porte des masques, et ce faisant ses textes s'accommodent très bien à la scène. Ça tombe bien, car il est temps de laisser de côté les frasques bien connues de l'auteur et de plonger exclusivement dans la chair de son écriture.


Au cœur de la pierre est le chapitre X de Domme ou l'Essai d'Occupation, son dernier récit. La moitié de ce chapitre contient des pages "interdites", absentes de la première édition posthume. Ces pages comptent probablement parmi les plus significatives de l'œuvre d'Augiéras. Avec rage il annonce la fin de l'Ère du Christ, la fin de l'Homme actuel sans âme et résiduel (…) qui considère que la Terre est un lieu à aménager pour en mieux jouir. Mais son âme flotte sur son visage, et sans autre but que la joie d'être, il prophétise la réapparition de l'Homme Vrai du Plan Divin.


Pour sa mise en corps, la langue de l'auteur nous porte à nous inspirer de la danse Butô tant les correspondances de nature et de physicalité sont frappantes. Orphelines, irrécupérables, en rupture avec les modes et les salons, la danse Butô et l'écriture d'Augiéras parlent de mutations et d'apparitions, elles inventent un nouveau monde, au-delà des morales et des conventions, sans tabous. Des ombres aux lumières, des silences aux cris, du calme au brutal, elles sont guidées sauvagement par l'instinct, mais précises, fluides, éclatantes.


Exaspérant et bouleversant à la fois, François Augiéras appelle, interpelle et dérange encore aujourd'hui. Est-ce parce qu'il est toujours en avance dans un monde aux yeux "grands fermés" qui s'effondre inéluctablement ? Est-ce parce qu'il exige du lecteur qu'il soit déjà en mutation vers un Nouvel Être mieux équipé de conscience universelle ?






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