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NOTE D'INTENTION

Dernière mise à jour : avr. 27

Faire entendre l'écriture de François Augiéras, tel est le projet de ce spectacle.


Certes, les récits d'Augiéras fusionnent avec sa vie. Mais il est temps de laisser de côté les fantasmes sur les frasques supposées de l'auteur et de plonger exclusivement dans son écriture : orpheline, irrécupérable, en rupture avec les modes et les morales, méditative et belliqueuse à la fois. Les récits d'Augiéras sont des nouveaux mythes où le sacré et le sexuel sont inséparables, où de la fange naît la lumière sans autre but que la joie d'être. La langue est guidée sauvagement par l'instinct, mais précise, fluide, éclatante.


J'ai choisi pour ce spectacle de dire le chapitre X de Domme ou l'essai d'occupation, son dernier récit. La moitié de ce chapitre contient des pages "interdites", absentes de la première édition posthume. Ces pages comptent probablement parmi les plus significatives de l'œuvre d'Augiéras. Retranché dans une caverne sous les ruines du château de Domme, célèbre bastide du Périgord noir, il annonce la fin de l'Ère du Christ, la fin de l'Homme actuel sans âme et résiduel (…) qui considère que la Terre est un lieu à aménager pour en mieux jouir. Il prophétise la réapparition de l'Homme Vrai du Plan Divin et nous invite à le rejoindre parmi ceux qui ne sont pas fatigués de l'existence.


Exaspérant et bouleversant à la fois, François Augiéras appelle, interpelle et dérange encore aujourd'hui. Est-ce parce qu'il est toujours en avance dans un monde aux yeux "grands fermés" qui s'effondre inéluctablement ? Est-ce parce qu'il exige du lecteur qu'il soit déjà en mutation vers un Nouvel Être mieux équipé de conscience universelle ?


Yves Comeliau.






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